Des mots

C'était il y a fort longtemps... Un temps qui n'existe plus... Le collage est un art qui m'a toujours intéressé et qui a toujours été fort présent et ce, dès le début de mon enfance. Au lieu de m'inscrire au club de football de ma ville ma mère avait eu la judicieuse idée de m'inscrire à des cours d'arts plastiques. A l'époque je quémandais fort pour taper dans un ballon et refaire le match de Saint-Etienne contre Liverpool comme tous les gosses de France et je ne voyais pas trop l'intérêt à ces cours de dessin mais des années après la chose m'est apparue d'un grand enseignement. 

Des années après... Collège, lycée, école privée... Les cahiers de textes portent mes premières icônes collées, les enluminures montrent que quelque chose se passe hors des murs des salles de classe... Oui quelque chose est arrivé depuis des années : le rock. Cette chose qui fait vibrer ados, jeunes adultes. Best, Rock'n Folk deviennent aussi importants que la Légende des Siècles d'Hugo. Coller quoi ? Je découpe les pochettes de disques chroniquées dans les magazines et je créé mes couvertures de K7. 

Des année après... Premiers fanzines... En pleine deuxième ère punk le collage est devenu un véritable délice pour les yeux. Il est partout : dans la pub, dans la mode, sur les disques(le dos de la pochette de "Nevermind the bollocks" des Pistols, les albums des Dead Kennedys, ceux du collectif Crass, le meilleur du Reggae. Le rock sera ma meilleure matrice mais pas que... Le genre, la distortion des images, l'opposition du sexuel, l'art pictural, les vieilles revues vintage en noir et blanc, la Femme, l'homme précieux, le glamour  et tant d'autres choses vont venir entrechoquer ma matière première. 

Des années après...  Je suis devenu musicien en chant, guitares, basse. Des groupes, des chansons, des concerts... Le collage est toujours là quand le musicien compose, joue. Il  assemble une introduction, un couplet, un refrain, un leitmotiv, une phrase mélodique et puis il y a l'autour du groupe avec  le logo, le book ou le livre de promotion, les pochettes de k7 demo, de cd..... Le collage me poursuit. 

Encore plus tard... L'écriture rock survient avec le fanzine. Je crée mes fanzines, ceux qui porteront mon écriture. Je les  confectionne par collage d'articles et de tous  petits cadres qui formeront la maquette.

 Et puis, un jour il y a des anniversaires, des attentions spéciales que je veux marquer de ma griffe d'artiste alors je confectionne des cartes, des formats A4 faits de collages d'icônes destinés à la personne fêtée que j'offre et la phrase sort ainsi "Tu devrais te lancer, tu devrais en faire plus, et exposer". J'ai continué à pratiquer le collage. Je le pratique encore. 

La matière, ma matière je la trouve dans les revues symboliques qui ont frappé ma jeunesse : de vieux numéros de Best, Rock n Folk ou encore d'autres moins connus. Parfois cela peut-être le noir et blanc cher à Doisneau ou Hitchcock avec l'Illustration ou de vieux quotidiens des années 60"s. 

J'aime la mode et la mode des femmes est une matière inépuisable. La matière change et se trouve alors dans les magazines Vogue, Elle ou autre Citizen plus actuels. L'actualité donne aussi de belles pièces de choix là la matière vient des Télérama ou tout autre journal quotidien. 

C'est une queue de poisson qui remplacera les pieds d'un mannequin sacrément sexy ou encore une bouche bien pulpeuse qui viendra se coller sur un visage ordinaire pour claquer et donner du mordant à ma création. 

Je pratique  un art de messages mais pas que... Il est coquin, glam, glamour, humoristique, politique ou provoquant. 

Bienvenue dans mon monde ! 

Philippe Sargeni